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L'ophtalmie sympathique est une complication extrêmement rare et grave survenant surtout au décours d'un traumatisme oculaire. Il s'agit d'une atteinte de l'œil sain par un phénomène auto-immun. Un point s'impose sur cette pathologie, ses causes, ses symptômes et ses traitements.

Ophtalmie sympathique : constitution de l’œil

L’œil est constitué, d'une part, d'une zone superficielle :

  • la sclérotique qui correspond au blanc de l’œil ;
  • la cornée, qui remplace la sclérotique à l'avant, membrane protectrice transparente en forme de lentille convergente ;
  • la conjonctive, membrane fine et transparente, qui entoure la cornée et la sclérotique.

Plus en profondeur, se trouvent l'uvée, une tunique vasculaire nourricière formée en arrière par la choroïde (couche située entre la rétine et la sclère), et en avant par l'iris et le corps ciliaire ainsi que le cristallin, une lentille biconvexe située derrière l'iris et entouré par les corps ciliaires. Il délimite deux parties :

  • Le segment antérieur qui se trouve en avant du cristallin, il contient la cornée et l'iris. Au sein du segment antérieur, il existe deux chambres remplies d'humeur aqueuse : la chambre antérieure située entre la cornée et l'iris, et la chambre postérieure entre l'iris et le cristallin.
  • Le segment postérieur, en arrière du cristallin, qui contient la choroïde, le corps vitré (substance gélatineuse), et la rétine (zone la plus postérieure).
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Caractéristiques de l'ophtalmie sympathique

L'ophtalmie sympathique est une atteinte rarissime et grave. Il s'agit d'une uvéite antérieure aiguë granulomateuse, en d'autres termes, c'est une inflammation de la partie antérieure de l'uvée, à savoir l'iris et le corps ciliaire (on parle aussi d'irido-cyclite). Se forment alors de petits amas cellulaires inflammatoires appelés granulomes.

L'inflammation peut rapidement atteindre la choroïde, le vitré et la rétine. C'est un type rare d'uvéite qui survient surtout dans les suites d'un traumatisme mais aussi parfois après une chirurgie de l’œil. Elle a la particularité d'affecter l’œil controlatéral à l’œil initialement atteint, alors que ce dernier est encore en stade d'inflammation.

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Causes

La cause de l'ophtalmie sympathique est encore mal connue, mais un mécanisme auto-immun est suspecté : l'organisme fabriquerait des auto-anticorps dirigés contre ses propres antigènes oculaires, libérés lors de l'atteinte initiale.

Symptômes

Le délai de survenue est très variable ce qui fait toute la difficulté du diagnostic, les symptômes pouvant se déclarer dans les 2 semaines à 6 mois suivant le traumatisme ou la chirurgie de départ, mais parfois de façon très éloignée, jusqu'à quelques décennies plus tard, sous forme de :

  • douleurs ;
  • baisse d'acuité visuelle ;
  • gène à la lumière (photophobie) ;
  • troubles de l'accommodation, l'atteinte du corps ciliaire empêchant la convergence des rayons lumineux lorsque l'on veut voir de près ;
  • déformations visuelles (métamorphopsie) ;
  • maux de tête.

Diagnostic et traitement de l'ophtalmie sympathique

Le diagnostic repose avant tout sur l'histoire clinique (notion de traumatisme ou de chirurgie) et sur l'examen clinique. L’œil est rouge avec un cercle périkératique (rougeur autour de la cornée) et la pupille serrée (myosis). L'acuité visuelle est mesurée.

L'examen à lampe à fente et le fond d’œil retrouvent une inflammation des deux yeux, avec des dépôts derrière la cornée, une inflammation de l'uvée (iris, corps ciliaire, choroïde), une inflammation du segment postérieur avec parfois des lésions de la rétine sur laquelle des granulomes sont visibles.

Des examens complémentaires viennent confirmer le diagnostic :

  • une angiographie à la fluorescéine, examen des vaisseaux sanguins du fond de l’œil après injection d'un produit de contraste dans une veine ;
  • une échographie oculaire ;
  • des analyses sanguines, pour éliminer une cause infectieuse ou une maladie inflammatoire.

En l'absence de traitement, l'ophtalmie sympathique peut évoluer vers la cécité bilatérale. Elle nécessite donc une hospitalisation pour surveillance et mise en place urgente d'un traitement. Le traitement est basé sur une corticothérapie à hautes doses, par voie orale, d'au moins quelques mois, avec une décroissance progressive suivie d'un traitement d'entretien qui peut durer jusqu'à 12 mois.

En cas d'échec, un traitement immunosuppresseur peut être envisagé. Dans cette optique, le médicament biosimilaire Amsparity® (adalimumab) a reçu une approbation du Comité des médicaments à usage humain de l’Agence européenne des médicaments (EMA).

Parfois, lorsque l'affection a entraîné une cécité et qu'il existe des douleurs, une chirurgie d'énucléation est proposée. Une prothèse oculaire est par la suite mise en place.

Ophtalmie sympathique : prévention

L'ophtalmie sympathique peut être prévenue :

  • par la fermeture soigneuse et rapide de toute blessure oculaire avec asepsie rigoureuse ;
  • par la surveillance étroite de l’œil sain pendant toute la phase inflammatoire de l’œil traumatisé ou opéré, par examen à la lampe fente à intervalles rapprochés ;
  • parfois, par ablation de l’œil initialement touché (énucléation) lorsqu'il est très endommagé, sans aucune chance de récupération, dans les 15 jours après la perte de vision.

Consultez en urgence en cas d'apparition d'une douleur oculaire ou d'une baisse de l'acuité visuelle, à la suite d'un traumatisme ou d'une chirurgie oculaire.

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